Mardi après midi, email de notre président Thierry Blanchard:
– “la météo annonce beau-temps pour jeudi, ça te dit une petit vol de nuit ?

N’ayant encore jamais pratiqué ce genre d’exercice, je suis enchanté de cette occasion d’enrichir mon expérience de pilote. J’appelle mon ami Thierry Royer (co-propriétaire de notre Gardan F-BRDI), afin qu’il soit aussi de la partie. Aucun de nous n’a la qualif vol de nuit, car notre avion étant basé à St Cyr l’Ecole qui n’est pas balisé, ça ne nous serait pas très utile…

Jeudi, le beau temps est confirmé et nous convenons de nous retrouver à Melun vers 19h, à la tombée de la nuit.

Quand nous arrivons, l’avion est prêt et nous attend à la lumière des projecteurs des hangars, la prévol est faite et nous n’avons plus qu’à embarquer ! Un Mooney nous accompagne et est déjà en attente, moteur démarré. L’équipage des 3 Thierry embarque dans le Gardan, les 2 moustachus à l’avant, et moi derrière.

Nous roulons sur les taxiways pour rejoindre la piste 28. Heureusement, Thierry connait parfaitement le terrain, car les balises du taxiway Est sont assez faibles et le phare du Gardan n’éclaire pas très loin !

Thierry aligne son avion sur la piste et nous décollons vers les dernières lueurs du crépuscule visibles au dessus de l’horizon. Vers le bas, les lumières des villes constellent le sol, parcourues par le long ruban noir des courbes de la seine qui coule autour de Melun et des environs. Au loin nous apercevons Paris avec le phare de la Tour Eiffel qui transperce la nuit régulièrement.

Thierry nous emmène au dessus de sa maison sur les bords de seine, dont toutes les lumières sont allumées afin d’être plus facilement repérable, puis nous repartons vers le terrain qui a disparu dans l’obscurité. Le points de repère sont inexistants, et mieux vaut bien connaitre le coin pour s’y retrouver dans cette myriade d’éclairages urbains.

La piste de l’aérodrome s’est éteinte, et nous devinons sa présence en “négatif” par sa grande tâche sombre. Le Mooney approche de la vent arrière et la piste s’allume grâce à un coup d’alternat radio. Même balisée, elle n’est pas très visible vue de côté et se confond vite avec les lumières environnantes. Nous faisons une verticale tandis que le Mooney atterrit, mais nous ne voyons que son anti-col et le faisceau de son phare sur la piste.
Le Gardan rejoint la vent arrière, puis la base et se présente en finale : pas d’arbre de noël avant le seuil comme dans les grands aéroports ! Mais la piste est longue, offrant une grande marge de sécurité lors des approches approximatives. La hauteur du sol n’est pas facile à apprécier et Thierry laisse tranquillement le Gardan rejoindre le sol pour le toucher des roues.

Un coup de gaz et c’est reparti pour un 2ème tour de piste. L’air est calme et nous profitons de ces derniers instants un peu magiques et envoûtants avant un atterrissage parfaitement maitrisé par notre hôte. Puis nous rejoignons les hangars où les avions finiront la nuit.

Un grand merci à Thierry de nous avoir permis de découvrir ce type de vol si particulier. Un moment que je n’oublierai pas !

Thierry Le Floch
Gardan F-BRDI n°250